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Histoire du plaisir féminin

Le plaisir féminin sous contrôle masculin

Dans notre société occidentale , le plaisir féminin a une histoire pleine de paradoxe. La domination masculine est allée jusqu’à l’interdiction de se donner du plaisir par la masturbation. C’est dans les années 1960 que les femmes ont pu s’approprier leur sexualité.

Si dans certaines sociétés antiques, comme celle de Babylone, la jouissance féminine, avec ou sans partenaire était reconnue, recherchée et même exaltée. Par la suite, notamment dans la civilisation chrétienne, cette jouissance n’était plus reconnue , elle était bannie.

Du mal à se faire du bien.

La masturbation , acte intime est également nommée « onanisme« . Au moyen âge , la masturbation féminine était considérée comme un « péché de mollesse » par l’église, elle était interprétée comme un remède contre l’adultère , donc autorisée. Après le moyen âge l’onanisme fut combattu.

Au XIX siècle, un moine médecin, Pierre Debreyne, affirmait que cette « pollution » ne devait jamais être autorisée. Il brossait un portrait effrayant des femmes s’adonnant à la masturbation, le visage déformé, flasque, la taille pouvant avoir subit une « déformation totale ». Ou diable allait t’il chercher tout cela , ce moine, peut être de sa propre expérience !!

Dispositifs anti-plaisir.

Pendant des siècles, les plaisirs de la chair étaient mal vus, surtout en ce qui concernait les femmes. Celle qui y cédait dans les bras d’un homme était considérée comme une fille perdue. Contre l’onanisme les remèdes étaient :

  • lavements d’eau salée
  • camisoles de forces en remplacement de la chemise de nuit
  • gants fermés aux poignets portés la nuit
  • dispositifs portés sous les vêtements pour empêcher le rapprochement des cuisses

Le corps médical, l’hystérie.

Pour le corps médical, la masturbation était un fléau pour la santé. Tout ce qui pouvait rendre les femmes lascives comme l’alcool, le poivre, le musc et le patchouli, la danse et l’équitation étaient interdit. L’onanisme était considéré comme le symptôme d’hystérie, une maladie féminine dont on constatait au XIX siècle une résurgence incroyable.

Qu’est l’hystérie ? une « fureur utérine« , cette pathologie allait faire la réputation du docteur Charcot ( tableau d’André Brouillet, une leçon clinique à la Salpêtrière 1887). L’hystérie était soigné par l’hypnose.

Freud fera de l’hystérie un syndrome purement psychique pouvant toucher aussi les hommes, Freud réhabilite les femmes et leur utérus.

Calmer les ardeurs féminines.

Au XIX siècle , la sexualité n’avait pour but que la procréation, elle ne devait pas être source de plaisir. Le clitoris était la cause de l’hystérie , voire de la nymphomanie. Dans les années 1820 Gustav BRAUN inaugure la clitoridectomie qui pouvait s’accompagner de l’ablation des petites lèvres, après plusieurs dérapages cette intervention fut abandonnée hélas remplacée par d’autres méthodes tout aussi barbares comme l’ablation des ovaires, la cautérisation du clitoris. Aux Etats-Unis le docteur Kellogg (l’inventeur des corn flakes), pensait que la masturbation était la cause de nombreuses maladies, il préconisait l’usage de phénol (produit acide) sur le clitoris pour prévenir toute excitation anormale. Le docteur POUILLET en France préférait le nitrate d’argent. Le désir sexuel des femmes était considéré comme un véritable fléau à éradiquer.

Orgasme sur ordonnance : naissance du vibromasseur.

Au XVI le médecin Petrus Forestus préconisait le massage vulvaire, 3 siécles plus tard aux Etats-Unis, cette pratique médicale connut un engouement incroyable, en effet les femmes allaient se faire masser le sexe par des médecins aidés par des sages-femmes jusqu’au « paroxysme hystérique », que l’on appelle aujourd’hui l’orgasme. Le massage vulvaire considéré comme un acte médical n’était reconnue comme acte sexuel alors qu’il s’agissait belle et bien de masturbation. Au début ce massage se faisait à la main mais très vite le praticien fatigué par de nombreuses séances ( acte médical qui représentait environ les 3/4 de leurs revenus), et certaine plus longues …C’est ainsi que le premier vibromasseur avec un moteur à vapeur fut breveté en 1869. A partir de 1900, les vibromasseurs vendus par correspondance permet aux femmes de s’auto médicaliser. Dans les années 1920 l’utilisation des vibromasseurs dans la pornographie, fait d’un outil médical un outil de plaisir, c’en était fini du massage vulvaire et de l’usage hygiénique des vibromasseurs.

Orgasme et procréation.

Pendant des siècles, on croyait que la femme devait jouir pour pouvoir procréer, le sperme féminin se mêlant au sperme masculin pour créer la vie.Les hommes avaient pour devoir de donner du plaisir à leur épouse pour s’assurer une descendance. Cette théorie des deux semences permettait des fantaisies pour stimuler la libido féminine , il s’agissait de préliminaires contre l’infertilité. Cette théorie fut contestée, le concile de Trente, qui réunit au XVI siècle les autorités de l’église catholique, pourfend les plaisirs de la chair, même au sein du mariage. Au début du XIX siècle les médecins Charles Négrier et Félix Archiméde Pouchet découvrent les mécanismes de l’ovulation abolissant ainsi la théorie du sperme féminin. Le plaisir féminin étant dissocié de la procréation, il devra être banni.

SOURCE :  » TOUT SAVOIR PSYHO N°3« 

POUR ALLER PLUS LOIN : Le sexe d’hier à aujourd’hui Editions sciences humaines 2013